De l’Akoya japonaise aux perles noires de Tahiti, chaque perle de culture porte la marque de son origine, un mollusque, une région du monde, un savoir-faire. Voici de quoi s’y retrouver et choisir son bijou de perles en connaissance de cause.
Les grandes familles de perles de culture
Chaque variété de perle de culture est produite par une espèce de mollusque différente, dans une région du monde spécifique, ce qui lui confère des caractéristiques propres.
La perle Akoya, produite principalement au Japon et en Chine par l’huître Pinctada fucata (proche de la martensi historique), est la plus classique : ronde, généralement blanche à crème avec des reflets roses ou argentés, elle mesure le plus souvent entre 6 et 9 mm. C’est la perle historique des colliers élégants et intemporels, réputée pour son lustre particulièrement vif.
Les perles d’eau douce, essentiellement chinoises aujourd’hui, sont produites par des moules capables de porter plusieurs greffons à la fois, souvent sans nucléus de nacre, ce qui leur donne une grande variété de formes (baroques, en riz, quasi rondes) et de couleurs naturelles (blanc, pêche, lavande). Leur accessibilité en a fait des perles très répandues, y compris en pièces de bonne qualité.
Les perles de Tahiti, issues de l’huître à lèvres noires Pinctada margaritifera, cultivées en Polynésie française, se distinguent par leur palette de couleurs sombres et irisées, gris anthracite, vert bouteille, aubergine, bleu paon. On les appelle parfois « perles noires », bien que leur gamme chromatique soit en réalité beaucoup plus large.
Les perles des mers du Sud, produites par la grande huître Pinctada maxima en Australie, en Indonésie et aux Philippines, sont les plus imposantes (souvent 10 à 16 mm, parfois davantage) et les plus rares, en blanc argenté ou en doré profond selon l’origine de l’huître. Leur taille et l’épaisseur de nacre accumulée sur plusieurs années de culture en font une catégorie particulièrement recherchée.
Ce qui fait la qualité d’une perle : lustre, orient, forme, couleur
Contrairement aux pierres facettées, la perle ne se taille pas : sa valeur repose entièrement sur des critères naturels.
Le lustre est l’éclat renvoyé par la surface de la perle, la lumière réfléchie directement lui donne son brillant.
L’orient est un phénomène optique distinct : il naît de la lumière qui pénètre la perle, se réfracte à travers les couches successives de nacre puis en ressort, créant de douces irisations. L’orient est d’autant plus marqué que les couches de nacre sont fines et régulières, c’est pourquoi les perles issues de gros mollusques, dont les couches sont plus épaisses, en présentent généralement moins que celles de petits mollusques. C’est aussi ce qui distingue traditionnellement les perles fines d’Orient des perles des mers du Sud, une distinction toujours pertinente pour les perles de culture.
La forme va de la sphère parfaite, la plus recherchée, à la poire (une sphère étirée d’un côté) et au bouton (une sphère aplatie d’un côté), jusqu’aux formes baroques totalement irrégulières, appréciées pour leur caractère unique plutôt que boudées comme des défauts.
La surface est évaluée selon la présence et la visibilité d’irrégularités (taches, dépressions, stries) ; une surface propre à l’œil nu est un gage de qualité supérieure.
La couleur résulte de la nacre du mollusque et de traces d’éléments chromogènes présents dans son environnement et son alimentation ; elle associe une teinte de fond (blanc, crème, doré, gris, noir…) et des reflets secondaires (rosé, argenté, vert).
La taille, exprimée en millimètres de diamètre (et historiquement en grains, 1 grain valant 0,05 g, soit un quart de carat), influence fortement le prix : chaque millimètre supplémentaire se paie sensiblement plus cher, la croissance de la perle demandant un temps de culture plus long.
Fragilité et entretien
Calcaire et organique à la fois, la perle est une matière vivante dans son comportement : sensible à la chaleur, elle peut se dessécher et se craqueler si elle reste enfermée trop longtemps sans être portée, le port régulier, au contraire, l’hydrate et l’entretient. Sa nacre se raye facilement (l’aragonite qui la compose est une matière assez tendre), même si sa structure en couches, maintenue par la conchyoline, la rend raisonnablement résistante aux chocs légers.
Ce qui l’altère le plus sûrement, ce sont les acides gras : parfums, cosmétiques et transpiration. Il est donc recommandé d’appliquer parfum et cosmétiques avant de mettre son bijou de perles, jamais après, de retirer ses perles avant la douche, la piscine ou une activité physique intense, et de les ranger séparément des autres bijoux, dans un tissu doux. Un collier doit être lavé de temps en temps à l’eau savonneuse puis séché sans frottement, et il est conseillé de le faire réenfiler périodiquement : le fil qui traverse chaque perle conduit par capillarité, au fil du temps, les substances qui peuvent ternir la nacre de l’intérieur.
Qu’il s’agisse d’un rang de perles Akoya intemporel, d’une perle de Tahiti au reflet paon montée en solitaire, ou d’une pièce ancienne aux perles baroques d’eau douce, chaque variété raconte une origine géographique et un savoir-faire différents.
